Transformation organisationnelle

Le bien-être au travail a-t-il un réel impact sur la productivité ?

ARTICLE RÉDIGÉ PAR
Emmanuelle Abensur
TEMPS DE LECTURE
9
minutes
TL;DR
  • Le lien entre bien-être au travail et productivité est documenté depuis longtemps : une étude d’Harvard et du MIT relayée par la Harvard Business Review en 2011 décrit les salariés heureux comme 31 % plus productifs, 55 % plus créatifs et 6 fois moins absents.
  • Depuis, la démonstration est devenue causale : publiée dans Management Science en 2023, une étude menée auprès de près de 1 800 salariés de British Telecom associe un point de bonheur déclaré en plus à environ 12 % de productivité en plus.
  • Le désengagement coûte cher : 14 840 euros par an et par salarié en France selon l’IBET 2024, et le stress au travail entre 1,9 et 3 milliards d’euros pour le pays selon l’INRS.
  • À l’échelle mondiale, Gallup ne mesure que 20 % de salariés engagés en 2025, 40 % ayant ressenti beaucoup de stress la veille et 34 % se disant épanouis.
  • Une politique de bien-être tient en quatre étapes : clarifier les objectifs avec les collaborateurs, prioriser les actions, communiquer en interne, ajuster en continu.
  • Six indicateurs suffisent à en mesurer l’effet : absentéisme, turnover, eNPS, participation aux temps collectifs, arrêts courts répétés, délais et qualité livrée à périmètre stable.

D’après une étude d’Harvard et du MIT publiée en 2011, les employés heureux seraient en moyenne 31 % plus productifs !¹ Si l’on en croit ce chiffre, le bien-être au travail aurait donc un réel impact sur la productivité des collaborateurs. Depuis, des travaux plus récents ont confirmé ce lien, et l’ont même chiffré de façon causale. Mais qu’en est-il en pratique ? Investir dans la qualité de vie et les conditions de travail (QVCT) est-il réellement bénéfique pour votre organisation ? Et si oui, comment peut-on s’en assurer ?

Décryptons ensemble pourquoi mettre en place une politique de bien-être au travail est important, et comment cette initiative peut avoir un impact sur la performance de votre entreprise.

Bien-être au travail : pourquoi est-ce important ?

Investir dans le bien-être au travail présente de nombreux bénéfices, aussi bien pour l’entreprise que pour ses collaborateurs. Car oui, mettre en place une politique de bien-être est un bon moyen :

Malgré cela, nombreuses sont les entreprises à reléguer le bien-être au travail derrière toutes leurs autres priorités. Les chiffres du travail dans le monde rappellent pourtant l’ampleur du sujet. Dans son rapport State of the Global Workplace 2026, qui porte sur l’année 2025, Gallup mesure 20 % de salariés engagés dans leur travail à l’échelle mondiale, 40 % qui déclarent avoir ressenti beaucoup de stress la veille, et 34 % qui s’estiment épanouis dans leur vie. Nous avions détaillé ces mêmes indicateurs pour l’édition 2024 dans notre article sur les chiffres clés de l’étude Gallup. Sans compter que les nouveaux modes de travail déplacent en permanence ce que recouvre la qualité de vie au travail.

À noter également que l’absence d’actions en faveur du bien-être au travail a un coût, et qu’il se chiffre. Mozart Consulting le calcule chaque année avec son indice IBET : d’après l’édition 2024 de l’indice, établie sur 19,5 millions de salariés du privé, le coût moyen du désengagement en France atteint 14 840 euros par an et par salarié.² De même, l’INRS estime que le stress au travail coûterait à la France entre 1,9 et 3 milliards d’euros.

Bref, on ne peut que vous recommander de mettre en place une politique de bien-être au travail au sein de votre organisation.

Quel impact sur la productivité ?

Le bien-être au travail peut-il également avoir un impact sur notre performance ? Selon l’étude menée par Harvard et le MIT citée plus haut, dont les chiffres datent de 2011, la réponse est oui ! En effet, les employés heureux seraient en moyenne :

  • 6 fois moins absents,
  • 2 fois moins malades,
  • 9 fois plus loyaux,
  • 55 % plus créatifs,
  • et 31 % plus productifs.

Pourquoi ? Parce que ces différents leviers de bien-être au travail (l’absentéisme, la santé, la créativité et la loyauté) ont tous un impact sur la productivité.

Et le lien n’est pas qu’une corrélation. Une étude menée auprès de près de 1 800 salariés des centres d’appels de British Telecom, publiée dans la revue Management Science en 2023 par des chercheurs d’Oxford, du MIT et d’Erasmus Rotterdam, montre qu’un point de bonheur déclaré en plus s’accompagne d’environ 12 % de productivité en plus. Sur les tâches les plus complexes (négocier, vendre une offre groupée, renégocier un contrat), l’écart approche 20 %. Les salariés heureux ne travaillent pas plus longtemps : ils convertissent mieux le temps qu’ils passent au travail.

Les dirigeants font le même constat. Dans le Baromètre Fragilités 2025 de Malakoff Humanis, mené auprès de 450 dirigeants et 2 060 salariés du privé, les fragilités des salariés sont citées comme pesant sur l’engagement (52 %), sur la performance de l’entreprise (43 %), sur le climat social (41 %) et sur l’absentéisme (38 %).

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La motivation et l’engagement au travail jouent un rôle clé dans la productivité. Or pour booster cet engagement, il est souvent nécessaire de mettre en place des actions… pour développer le bien-être au travail (oui, tout est lié) ! Il peut par exemple s’agir d’initiatives visant à améliorer :

  • les conditions de travail,
  • l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle,
  • la reconnaissance au travail,
  • la cohésion d’équipe,
  • etc.

Lire aussi : [Étude Bodet Software 2022] Quels leviers pour améliorer l’engagement collaborateur post-Covid ?

C’est donc prouvé : améliorer le bien-être au travail de vos collaborateurs contribue à booster leur productivité. Voyons désormais comment s’y prendre pour améliorer la qualité de vie et les conditions de travail au sein de votre organisation.

4 étapes pour mettre en place une politique de bien-être au travail

Comme pour tout projet, mettre en place une politique de bien-être au travail suppose de procéder pas à pas. Voici 4 étapes clés pour assurer la réussite de votre programme :

1. Clarifiez vos objectifs en amont, en prenant en compte les retours de vos collaborateurs. 

Commencez par exemple par faire un sondage pour recueillir l’avis de chacun. Vous pourrez ainsi adapter vos objectifs en fonction des réponses obtenues.

Et surtout, n’oubliez pas de penser SMART, c’est-à-dire de vous fixer des objectifs spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et limités dans le temps.

Le saviez-vous ? La plateforme Talkspirit intègre un module sondage qui vous permet de demander l’avis de vos collaborateurs directement depuis votre fil d’actualités. Il vous est possible de choisir le type de réponses (choix multiple, texte libre ou images), mais aussi de rendre le sondage anonyme. Chacun peut ensuite voter pour la ou les réponse(s) de son choix, et faire part de ses suggestions sous forme de commentaires.

Sondage Talkspirit sur le bien-être au travail et la productivité
Sondage sur le fil d’actualités Talkspirit

Découvrir Talkspirit

2. Priorisez les actions à mettre en place en vous basant sur les besoins remontés par les collaborateurs

Par exemple, allez-vous plutôt mettre en place des actions visant à :

PS : n’hésitez pas à faire un autre sondage auprès de vos collaborateurs pour vous aider à prioriser les actions à lancer. Et si vous êtes en panne d’inspiration, nous vous invitons à consulter notre guide rassemblant 10 exemples d’initiatives pour améliorer le bien-être au travail 👇

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3. Communiquez sur cette politique en interne

La communication interne joue un rôle clé dans le succès de votre politique de bien-être au travail. Celle-ci devra notamment expliquer :

  • quelles initiatives vont être mises en place, 
  • pourquoi elles vont être mises en place,
  • et ce qu’elles vont apporter aux collaborateurs.

Besoin d’aide pour élaborer votre plan d’actions ? Téléchargez notre modèle de plan de communication interne 👇

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4. Ajustez votre politique en continu

Votre politique est bien sûr amenée à évoluer en continu pour s’adapter aux besoins de votre organisation et de vos collaborateurs. Gardez donc un esprit ouvert et n’hésitez pas à tester régulièrement de nouvelles choses, quitte à stopper certaines initiatives si elles ne fonctionnent pas. 

Et surtout : mesurez bien l’impact de vos différentes actions, et restez à l’écoute de vos collaborateurs.

Comment mesurer l’impact du bien-être sur la productivité ?

C’est la question qui décide du budget de l’année suivante. Le bien-être ne se mesure pas avec un chiffre unique : il se lit dans un petit jeu d’indicateurs, relevés avant le lancement des actions, puis à intervalle régulier sur deux ou trois trimestres au minimum. Voici ceux qui parlent à une direction.

Six indicateurs pour suivre l’effet d'une politique de bien-être au travail
IndicateurCe qu’il révèleOù le trouverRythme de relevé
IndicateurTaux d’absentéismeCe qu’il révèleLe coût direct du mal-être, et sa tendanceOù le trouverSIRH, paieRythme de relevéMensuel
IndicateurTurnover et ancienneté moyenneCe qu’il révèleLa capacité à garder les compétencesOù le trouverSIRHRythme de relevéTrimestriel
IndicateureNPS (recommanderiez-vous votre entreprise ?)Ce qu’il révèleL’attachement des équipes, en une questionOù le trouverSondage interneRythme de relevéTrimestriel
IndicateurParticipation aux sondages et aux temps collectifsCe qu’il révèleL’engagement réel, au-delà du déclaratifOù le trouverPlateforme collaborativeRythme de relevéContinu
IndicateurArrêts courts répétésCe qu’il révèleLes signaux faibles de surchargeOù le trouverSIRH, service de santé au travailRythme de relevéTrimestriel
IndicateurDélais tenus et qualité livrée, à périmètre stableCe qu’il révèleL’effet sur la production, à charge comparableOù le trouverOutils de suivi de projetRythme de relevéMensuel

Deux précautions. La première : comparer ce qui est comparable, c’est-à-dire un même périmètre d’équipe et une même saison, l’absentéisme de janvier n’ayant rien à voir avec celui de juin. La seconde : ne pas attendre d’un indicateur isolé qu’il prouve un lien de cause à effet. C’est la convergence de plusieurs signaux, sur plusieurs trimestres, qui rend une politique défendable devant un comité de direction. Et si les chiffres se dégradent malgré les actions engagées, regardez du côté de la charge : notre article sur la gestion de la charge de travail détaille cinq stratégies pour éviter le burn-out, et celui sur le boreout au travail rappelle que l’ennui prolongé fait autant de dégâts que la surcharge.

👀 Le suspense est terminé : on vous confirme que le bien-être au travail a bien un impact sur la productivité de vos collaborateurs. Et ce, car il agit sur des leviers clés de performance, tels que l’engagement, la motivation au travail, la santé, la créativité, la convivialité, et bien plus.

Si vous n’avez pas encore mis en place de politique de bien-être au travail, il est donc temps de le faire ! Attention cependant à ne pas vous limiter à des initiatives superficielles (non, proposer des snacks à volonté n’est pas suffisant pour améliorer la qualité de vie au travail de vos collaborateurs). 

Pour bien commencer, nous vous conseillons de consulter cet article rassemblant 8 bonnes pratiques pour améliorer le bien-être au travail. Et pour aller plus loin, vous pouvez télécharger ci-dessous notre guide pratique rassemblant 10 exemples d’initiatives mises en place par des entreprises de différents secteurs.

Accéder au Guide Pratique

Dans notre guide pratique “10 exemples d’initiatives pour améliorer le bien-être au travail”, vous découvrirez : 10 exemples d’actions QVT mis en place par des entreprises françaises et internationales, ainsi que des conseils, bonnes pratiques et outils à mettre en place pour garantir le succès de votre démarche.

Télécharger

¹ Étude d’Harvard et du MIT, relayée par la Harvard Business Review en 2011
² IBET 2024, Indice de Bien-Être au Travail, Mozart Consulting

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Productivité
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Emmanuelle Abensur
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Ce qui est clair avance

Les questions qu'on nous pose le plus souvent.

Oui, et le lien a été établi de façon causale. Une étude menée auprès de près de 1 800 salariés des centres d’appels de British Telecom, publiée dans Management Science en 2023, montre qu’un point de bonheur déclaré en plus s’accompagne d’environ 12 % de productivité en plus, et de près de 20 % sur les tâches complexes. Des chiffres plus anciens, publiés en 2011 par la Harvard Business Review, décrivaient déjà les salariés heureux comme 31 % plus productifs et 6 fois moins absents.

14 840 euros par an et par salarié en France, selon l’édition 2024 de l’IBET, l’indice de bien-être au travail calculé par Mozart Consulting sur 19,5 millions de salariés du privé. L’INRS estime par ailleurs que le stress au travail coûte à la France entre 1,9 et 3 milliards d’euros.

Avec un petit jeu d’indicateurs relevés avant le lancement des actions, puis à intervalle régulier sur deux ou trois trimestres : taux d’absentéisme, turnover et ancienneté moyenne, eNPS, participation aux sondages et aux temps collectifs, arrêts courts répétés, délais tenus et qualité livrée à périmètre stable. Deux règles : comparer un même périmètre à une même saison, et ne jamais conclure sur un indicateur isolé.

20 % à l’échelle mondiale en 2025, d’après le rapport State of the Global Workplace 2026 de Gallup. Le même rapport mesure 40 % de salariés ayant ressenti beaucoup de stress la veille, et 34 % qui s’estiment épanouis dans leur vie.

Attirer et fidéliser les talents, diminuer le turnover, améliorer la santé physique et mentale des collaborateurs et notamment prévenir le burn out, renforcer leur sentiment d’appartenance à l’entreprise, et booster l’engagement et la motivation des salariés.

En quatre étapes : clarifier ses objectifs en amont en tenant compte des retours des collaborateurs, par exemple via un sondage ; prioriser les actions à partir des besoins remontés ; communiquer sur cette politique en interne en expliquant quelles initiatives sont lancées et pourquoi ; puis ajuster la politique en continu, en mesurant l’impact de chaque action.