L'automanagement au travail : comment le mettre en œuvre efficacement

L’automanagement est l’un des trois piliers qu’une organisation doit maîtriser pour devenir « Teal », aux côtés de la plénitude et du dessein évolutif.
L’automanagement est un concept parfois déroutant, qui implique tant de dimensions qu’il devient difficile de garder le fil.
Ces changements surviennent souvent alors qu’on est censé continuer à travailler normalement. Cela peut être éprouvant.
Heureusement, bien mis en œuvre, il peut être extrêmement bénéfique pour tous et simplifier votre quotidien professionnel.
Qu’est-ce que l’automanagement en entreprise ?
Commençons par clarifier ce dont il s’agit réellement.
Voici la définition que nous proposons :
L’automanagement en entreprise consiste à comprendre ce que l’organisation attend de vous et à avoir la liberté de répondre à ces attentes de la manière qui vous convient le mieux.
Pour développer de solides compétences en automanagement au travail, vous devez donc savoir exactement en quoi consiste votre rôle.
Que devez-vous accomplir ?
Comment devez-vous le faire ?
Dans quel délai ?
Une fois cette compréhension acquise, vous avez besoin d’une certaine liberté et autonomie dans votre travail.
Cela vous permettra d’obtenir des résultats de la façon la plus efficace pour vous.
Des attentes claires
Le premier pilier de l’automanagement est de savoir ce qu’on attend de vous.
Dans de nombreuses organisations, les attentes sont vagues, voire inexistantes.
Dans ce cas, les collaborateurs se contentent souvent de suivre les instructions de leurs managers au jour le jour, faute d’objectifs explicites.
Résultat : le stress est élevé et l’engagement des collaborateurs est faible.
Idéalement, l’automanagement devrait fonctionner comme le paiement d’une facture d’électricité. Si votre fournisseur vous disait « Payez un montant raisonnable dans les meilleurs délais », ce serait le chaos. Vous ne sauriez ni combien payer ni quand. Vos attentes divergeraient des siennes, et cette absence de communication aboutirait à des coupures répétées.
De même, il n’est pas rare qu’un collaborateur soit mis en cause pour ne pas avoir exécuté une tâche d’une manière spécifique dont il ignorait qu’elle était exigée.
En revanche, si votre fournisseur vous dit « Payez 100 € avant le 30 de chaque mois sous peine de coupure », l’attente est limpide. Aucune ambigüité, aucune interprétation possible. C’est cela, une attente claire.
Liberté et autonomie
Une fois une attente claire établie, la deuxième composante de l’automanagement entre en jeu.
Vous connaissez l’objectif, mais vous avez aussi besoin de la liberté de l’atteindre à votre manière.
Chacun fonctionne différemment : dans une équipe ou une organisation autogérée, c’est tout à fait acceptable.
Reprenons l’exemple de la facture d’électricité.
Certains la paient intégralement le 1er du mois pour ne plus y penser. D’autres ont un prélèvement automatique et ne savent même plus quand le paiement est effectué. D’autres encore règlent en urgence le 29. Certains font des virements partiels chaque semaine pour mieux lisser la dépense.
Chacun procède différemment, mais tout le monde respecte l’échéance — le fournisseur n’a donc aucune raison de s’en soucier.
C’est ainsi que devraient fonctionner les équipes autogérées. Si l’objectif est d’être au bureau à 9 h, peu importe que vous arriviez pile à l’heure ou dix minutes avant. Peu importe si vous êtes à votre bureau, dans l’espace détente ou chez un collègue à 9 h, puisque vous êtes dans les locaux. Si l’objectif est d’être à votre bureau à 9 h, alors l’attente doit être précisée en conséquence.
Comment demander des attentes claires et de l’autonomie ?
Ce processus varie selon le fonctionnement de votre organisation et la personne ou le processus qui définit vos objectifs.
Supposons que vous ayez quelqu’un qui vous assigne des responsabilités (un manager ou un chef de cercle).
Le mieux est d’avoir une conversation en tête-à-tête et de lui poser les questions suivantes.
« Qu’attendez-vous précisément de moi ? »
Les équipes autogérées ont besoin de responsabilité. Celle-ci n’est possible que s’il y a de la clarté.
En obtenant un objectif précis, vous pouvez vous concentrer sur ce qui compte vraiment.
Pour cela, faites abstraction du comment et concentrez-vous uniquement sur le résultat final attendu.
Par exemple, une bonne réponse pourrait être : « Je veux que vous répondiez à chaque appel téléphonique ». Parfait. On n’a pas encore réglé la question des effectifs ou des plannings, mais on sait ce qui doit être fait. Dans ce cas, si vous ne recevez que 5 appels dans la journée et que vous y répondez tous, votre mission est accomplie. En revanche, s’il y en a 1 000, vous devez tous les prendre. Dans la plupart des cas, vous aurez besoin de précisions supplémentaires. Faut-il décrocher en moins d’un certain nombre de sonnéries ? Y a-t-il une formule de politesse imposée ? Devez-vous prendre tous les appels reçus par l’entreprise, ou uniquement ceux de votre plage horaire ?
Voilà les points à clarifier pour avoir la certitude absolue d’accomplir parfaitement votre travail, sans risquer qu’on vous dise que vous le faites mal.
« Pourquoi est-ce important ? »
En quoi cela s’inscrit-il dans la raison d’être de l’organisation ?
Savoir pourquoi quelque chose compte renforce l’engagement et la motivation des collaborateurs. Cela vous aide à comprendre pourquoi votre travail a du sens et à prioriser vos tâches en conséquence.
Si votre mission est de « répondre à chaque appel », mais que la seule explication de votre manager est « parce que je le dis », allez-vous prendre cela au sérieux ?
Allez-vous y accorder de l’importance ?
Allez-vous faire des efforts pour bien faire ?
Probablement pas.
Dans le même ordre d’idées, si la seule justification est « parce que je le dis », cela laisse entendre que la tâche n’est pas vraiment importante et ne devrait peut-être pas figurer parmi les attentes.
En revanche, si la réponse est : « Parce que nos clients comptent sur nous. Quand ils appellent, c’est qu’ils ont une question ou un problème que nous sommes les seuls à pouvoir résoudre. Un service rapide et de qualité les fidélise. Un mauvais service les fait partir, les pousse à nous laisser de mauvais avis et à déconseiller nos produits. Cela met l’emploi de chacun en jeu. »
Répondre au téléphone prend soudain tout son sens.
Chaque appel décroché vous donne l’impression de rendre un service précieux à vos clients et de contribuer à la sécurité de l’emploi de vos collègues.
Avec ce seul changement d’explication, « répondre à chaque appel » devient important, valorisant et porteur de sens.
« Pour être clair : vous ne vous souciez pas du comment je fais X, du moment que c’est fait, c’est bien ça ? »
Plus direct que provocateur !
Cette question permet de revenir aux deux précédentes et de répéter l’exercice autant de fois que nécessaire jusqu’à ce que vous et votre responsable parveniez à un accord sur ce qui doit être accompli.
En confirmant : « Vous ne vous souciez pas du comment je réponds à chaque appel, du moment que c’est fait, c’est bien ça ? », vous obtenez une pleine autonomie dans votre manière de procéder.
Si l’infrastructure le permet, vous pouvez travailler depuis chez vous et répondre aux appels depuis votre canapé. Vous pouvez vous installer dans le café de l’entreprise. Vous pouvez transférer les appels sur votre téléphone portable et décrocher en pleine randonnée.
Dans tous les cas, tant que vous répondez à chaque appel, vous faites excellemment votre travail (dans cet exemple où c’est votre unique mission).
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Au-delà de l’empowerment
Doug Kirkpatrick, auteur et consultant en automanagement ayant travaillé chez Morning Star, partage sa vision de l’automanagement en entreprise. En résumé, elle repose à parts égales sur la liberté, l’intelligence émotionnelle et la responsabilité.
Quels modèles pour mettre en œuvre l’automanagement en entreprise ?
Maintenant que vous connaissez les bases de l’automanagement et les fondements des équipes autogérées, vous vous demandez peut-être : comment le déployer dans mon organisation ? Rassurez-vous : de nombreux modèles organisationnels peuvent vous y aider. Vous avez peut-être entendu parler de Teal, l’Holacracy, la Sociocratie ou du Management Constitutionnel. Ces modèles peuvent vous fournir un cadre adapté à vos besoins, voire vous aider à créer votre propre modèle organisationnel ! Comment choisir et mettre en œuvre le bon modèle ? C’est ce que nous explorons dans notre dernier livre blanc 👇
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