Les différences individuelles dans les organisations autogérées
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Avec un nombre croissant d'organisations autogérées organisations, les chercheurs portent leur attention vers ces nouvelles formes de gouvernance. L'autogestion ne reflète pas seulement – à sa manière – des concepts traditionnels tels que l'engagement ou la motivation, mais offre également l'opportunité d'explorer de nouveaux phénomènes propres à ce type particulier de cadre organisationnel.
Alors que les études portant sur l'organisation, la structure et les aspects stratégiques de l'autogestion sont d'une grande importance – et d'une grande nécessité –, j'ai décidé de centrer mes recherches sur les expériences des collaborateurs dans les organisations autogérées. Parmi les raisons de ce choix figurent ma formation en psychologie et la volonté de donner la parole à ceux qui vivent l'autogestion au quotidien. Pour ce faire, j'interroge des collaborateurs issus de plusieurs organisations et collecte auprès d'eux toutes sortes de données, afin de comprendre quels sont les principaux impacts à l'échelle individuelle. Certains thèmes qui ont émergé de mon travail sont la performance/productivité, la satisfaction et le désalignement managérial.
Mon étude n'étant pas la première dans ce domaine, je recommande vivement de lire les travaux de Michael Lee sur le sujet ; un autre exemple de cette ligne de recherche est l'étude publiée dans le Journal of Organizational Behavior, par Renn et al. en 2010. Les auteurs tentent avec succès d'expliquer pourquoi certains collaborateurs n'adoptent pas de comportements d'autogestion et échouent donc dans l'autogestion. Il est important de noter que cette étude n'est pas menée dans une organisation autogérée, car elle se concentre sur l'autogestion en tant que comportement des collaborateurs pouvant survenir dans des contextes hiérarchiques traditionnels également.
👉 Les comportements propres à une bonne autogestion sont :
- la définition d'objectifs personnels : être capable de se fixer des objectifs personnels spécifiques et ambitieux en lien avec ses fonctions.
- l'auto-surveillance : prendre conscience de ses comportements cibles, les surveiller et les comparer à ses objectifs personnels.
- et agir sur soi-même et sur l'environnement pour réduire les écarts entre les comportements et les objectifs fixés.
Dans cette étude, les comportements contre-productifs examinés sont : l'incapacité à différer une gratification, la procrastination et l'absorption émotionnelle. L'incapacité à différer une gratification est liée à l'inefficacité dans la définition d'objectifs personnels, faute de volonté suffisante pour se projeter. La procrastination a un impact négatif sur les trois comportements d'autogestion et réduirait en outre la performance. Enfin, l'absorption émotionnelle implique un excès de centration sur soi. Si une certaine dose d'introspection peut être bénéfique, un excès peut conduire à des dysfonctionnements comportementaux, une altération des performances, voire une dépression ou des comportements addictifs.
Quel que soit le système de management organisationnel, cette étude éclaire la façon dont les différences individuelles peuvent prédire si les collaborateurs adopteront ou non des comportements d'autogestion. Il est plausible de penser que ces comportements sont nécessaires au succès de l'autogestion, certains collaborateurs ne prenant pas les mesures indispensables à son bon fonctionnement. Les auteurs suggèrent que les organisations devraient prêter attention à ces comportements. Contrairement aux traits de personnalité (relativement stables), les comportements d'autogestion et les comportements contre-productifs peuvent évoluer grâce à la formation.
Pourquoi les collaborateurs échouent-ils dans les organisations autogérées ?
Selon un article de Linkedin de nombreuses équipes autogérées échouent faute de :
- Clarification du contexte
- Clarification des responsabilités
- Manque de responsabilité transversale
Le contexte, les cadres et les responsabilités doivent être clairement définis et transparents pour que l'équipe comprenne ce sur quoi elle doit travailler. Chacun œuvre vers le même objectif – et il peut parfois être difficile de ne pas perdre de vue ce qui est le dénominateur commun entre toutes les équipes et tous les rôles. L'article précise : « La responsabilisation est importante pour orienter les comportements et s'assurer que les choses avancent. Mais surtout, c'est un point de responsabilité unique qui maintient la clarté et la focale. »
L'autogestion organisationnelle signifie-t-elle l'absence de structure ?
Quelle est la plus grande idée reçue concernant les organisations autogérées ? Qu'il n'y a pas de structure, que le chaos va s'installer et que ce n'est pas quelque chose de réaliste à mettre en pratique. Selon Medium.com, les organisations « optent pour des structures préconçues comme Holacracy ou Sociocracy, qui impliquent toutes deux des cercles interdépendants clairement définis, des rôles granulaires, des structures de réunions et des protocoles de prise de décision définis. »
D'autres organisations optent pour une autogestion à leur façon. Par exemple, Buurtzorg est connu pour sa structure autogérée : l'organisation fonctionne avec des équipes composées de 12 infirmières soutenues par un coach d'équipe et un système informatique, sans RH.
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