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Le bonheur au travail a-t-il un réel impact sur la productivité des collaborateurs ?

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  • Deux études de référence mesurent le même ordre de grandeur : environ 12 % de productivité en plus dans les expériences de l’Université de Warwick (2015), 13 % dans l’étude de l’Université d’Oxford annoncée en 2019 et publiée dans Management Science en 2024.
  • Ces deux travaux comptent parce qu’ils établissent le sens de la relation, là où la plupart des enquêtes d’entreprise ne montrent qu’une corrélation.
  • Chez Oxford, l’effet passe surtout par un meilleur taux de conversion des appels en ventes, pas seulement par un volume d’appels plus élevé.
  • Le bonheur au travail réduit aussi le turnover, ce qui compte : selon Deloitte (2018), il faut environ deux ans pour que les évaluations de performance d’un recrutement externe rejoignent celles d’une promotion interne.
  • Le contexte se dégrade : dans son State of the Global Workplace 2026, Gallup mesure un engagement mondial tombé à 20 % en 2025, son plus bas niveau depuis 2020.
  • Quatre leviers pour agir : reconnaître les contributions, investir dans le bien-être, demander aux collaborateurs ce dont ils ont besoin, et clarifier les rôles et les décisions.

La réussite d’une entreprise repose, en grande partie, sur la productivité de ses collaborateurs. Et si vous souhaitez les inciter à donner le meilleur d’eux-mêmes ? L’une des pistes les plus efficaces est simple : cherchez à les rendre plus heureux.

Les recherches le montrent : le bonheur au travail joue un rôle déterminant dans la productivité des collaborateurs. Selon une étude de l’Université d’Oxford annoncée en 2019, les collaborateurs heureux sont 13 % plus productifs. Une étude de l’Université de Warwick parue en 2015 dans le Journal of Labor Economics mesure un effet du même ordre, environ 12 %.

Le contexte, lui, s’est dégradé. Dans son State of the Global Workplace 2026, Gallup mesure un engagement mondial tombé à 20 % en 2025, son plus bas niveau depuis 2020, et chiffre à 10 000 milliards de dollars, soit 9 % du PIB mondial, la productivité perdue. L’engagement n’est pas le bonheur, mais les deux se mesurent sur le même terrain : dans la même enquête, 34 % des salariés déclarent s’épanouir dans leur vie, un point de plus qu’en 2024.

Mais comment, exactement, bonheur et productivité sont-ils liés ? En quoi les collaborateurs épanouis sont-ils plus performants que leurs collègues moins heureux ? Et que peuvent faire les organisations pour accroître le bonheur au travail et, par la même occasion, la productivité ?

Des collaborateurs heureux travaillent plus efficacement…

L’un des principaux liens entre bonheur au travail et productivité réside dans le fait que les collaborateurs heureux accomplissent leurs tâches plus efficacement.

Selon les recherches de l’Université d’Oxford, menées auprès de télévendeurs au sein d’un grand opérateur télécom, les collaborateurs heureux passaient davantage d’appels par heure que leurs collègues moins épanouis. Autrement dit, à durée égale, ils accomplissaient plus de tâches.

…et obtiennent de meilleurs résultats

Non seulement les collaborateurs heureux cochaient davantage de cases sur leur liste de tâches, mais ils parvenaient aussi à générer de meilleurs résultats.

En plus de passer plus d’appels par heure, les collaborateurs heureux étaient également capables d’en convertir davantage en ventes. Ainsi, au cours d’une même journée, ils ne faisaient pas que produire plus : ils rapportaient réellement plus de chiffre d’affaires à l’entreprise.

Ce que dit vraiment la recherche

Beaucoup d’articles affirment que les collaborateurs heureux sont plus productifs sans jamais dire d’où vient le chiffre. Voici les trois travaux qui font référence sur le sujet, avec leur méthode et ce qu’ils mesurent réellement.

Trois références sur le lien entre bonheur et productivité
ÉtudeAnnéeMéthodeCe qu’elle établit
ÉtudeOswald, Proto et Sgroi, Université de Warwick (Journal of Labor Economics)Année2015MéthodeExpériences en laboratoire : l’humeur est modifiée, puis la performance mesuréeCe qu’elle établitLes sujets rendus plus heureux sont environ 12 % plus productifs
ÉtudeBellet, De Neve et Ward, Université d’Oxford (Management Science)AnnéeRésultats annoncés en 2019, article publié en 2024MéthodeDonnées hebdomadaires des télévendeurs d’un grand opérateur télécom, humeur suivie semaine par semaineCe qu’elle établit13 % de productivité en plus, l’effet passant surtout par un meilleur taux de conversion des appels
ÉtudeGallup, State of the Global WorkplaceAnnéeÉdition 2026, données 2025MéthodeEnquête mondiale auprès des salariésCe qu’elle établit20 % de salariés engagés, plus bas niveau depuis 2020, et 34 % qui déclarent s’épanouir dans leur vie

Une précision utile : la plupart des enquêtes d’entreprise n’établissent qu’une corrélation. Les deux études universitaires ci-dessus sont citées précisément parce qu’elles vont plus loin. Warwick a modifié l’humeur de ses sujets en laboratoire avant de mesurer leur performance ; Oxford s’est appuyé sur la météo visible depuis les postes de travail, une variation d’humeur qui ne doit rien au collaborateur lui-même. Dans les deux cas, le sens de la relation est établi : c’est bien le bonheur qui pousse la productivité, et pas seulement la réussite qui rend heureux. L’étude d’Oxford, annoncée en 2019, a d’ailleurs été publiée dans Management Science en 2024.

À lire aussi : Le bien-être au travail a-t-il un réel impact sur la productivité ?

Le bonheur au travail réduit le turnover

Le bonheur au travail contribue aussi à réduire le turnover. Et moins votre turnover est élevé, plus votre organisation sera productive dans son ensemble.

Réduire le turnover améliore la productivité de plusieurs façons. Par exemple, lorsque le turnover est élevé, l’équipe RH doit consacrer une grande partie de son temps et de son énergie aux recrutements. En réduisant ce turnover, vous libérez ces ressources pour des projets à plus forte valeur ajoutée.

De plus, recruter de nouveaux talents (plutôt que de fidéliser les collaborateurs en place ou de favoriser la mobilité interne) peut entraîner une baisse de productivité, qui dure souvent bien plus longtemps que prévu. Selon une analyse Deloitte publiée en 2018, il faut environ deux ans pour que les évaluations de performance d’un recrutement externe rejoignent celles d’un collaborateur promu en interne.

En résumé : les collaborateurs épanouis au travail sont moins susceptibles de quitter l’organisation. Cela réduit le turnover, ce qui soutient un niveau de productivité plus élevé dans toute l’entreprise.

À lire aussi : Comment réinventer l’expérience collaborateur à l’ère du travail hybride

Conseils pour améliorer le bonheur au travail

Il est clair que favoriser le bonheur au travail est indispensable si vous souhaitez stimuler la productivité dans votre organisation.

Mais comment procéder concrètement ? Voici quatre leviers pour améliorer le bien-être de vos collaborateurs et leur productivité dans la foulée :

Reconnaissez et valorisez votre équipe

Il est difficile de s’épanouir au travail quand on a l’impression que ses efforts et ses contributions passent inaperçus. En effet, selon O.C. Tanner, 79 % des personnes ayant quitté leur emploi citent le manque de reconnaissance parmi les raisons de leur départ.

Alors, si vous souhaitez que vos collaborateurs se sentent mieux au travail ? Offrez-leur la reconnaissance et la considération qu’ils méritent.

La meilleure façon de valoriser votre équipe varie d’une personne à l’autre. Certains collaborateurs apprécient d’être mis en avant lors d’une réunion plénière, tandis que d’autres préfèrent une reconnaissance plus discrète : un message de remerciement ou un échange en tête-à-tête.

La manière dont vous témoignez votre reconnaissance à vos collaborateurs vous appartient. Mais si vous souhaitez qu’ils soient plus heureux et plus productifs au travail ? Veillez simplement à célébrer leurs réussites, reconnaître leurs contributions et valoriser leur travail, et à le faire régulièrement.

À lire aussi : Managers, instaurez une culture du feedback dans votre équipe !

Investissez dans le bien-être des collaborateurs

Bonheur et productivité sont indissociables du bien-être. Pour véritablement s’épanouir au travail et en ressentir les effets sur la productivité, les collaborateurs doivent aussi se sentir en bonne santé, physiquement comme mentalement.

Les collaborateurs accordent de plus en plus d’importance à leur propre bien-être. Dans la Global Employee Health Study 2020 d’Aetna International, menée auprès de 4 011 salariés, 89 % jugent leur santé physique et 84 % leur santé mentale plus importantes qu’un an plus tôt.

Alors, si vous voulez des collaborateurs plus heureux et plus productifs ? Investissez dans leur bien-être.

Là encore, les modalités dépendent de vos collaborateurs et de votre organisation. Toute l’équipe est en présentiel ? Vous pourriez garnir la cuisine de snacks sains ou faire intervenir un professeur de yoga pour animer une séance hebdomadaire sur site. Vous êtes en full remote ? Envisagez d’allouer à chaque collaborateur une enveloppe bien-être à dépenser selon ses envies. Votre équipe semble stressée et sous pression ? Revoyez peut-être votre politique de jours de congé santé mentale, et encouragez vos collaborateurs à se déconnecter quand ils en ont besoin.

Quand les collaborateurs se sentent non seulement en bonne santé, mais aussi soutenus par leur entreprise, cela favorise un niveau de bonheur et de productivité plus élevé. Encore faut-il repérer à temps ceux qui décrochent : les signes du burn-out se lisent bien avant l’arrêt de travail.

À lire aussi : Évolution des modes de travail : quel rôle pour la qualité de vie au travail ?

Demandez à vos collaborateurs ce dont ils ont besoin pour être heureux, puis donnez-le-leur

En tant qu’organisation, vous pouvez chercher par vous-même différentes façons de rendre vos collaborateurs plus heureux au travail. Mais pourquoi ne pas leur poser directement la question ?

Interrogez vos collaborateurs sur ce qu’il leur faudrait pour se sentir mieux au travail. Puis (c’est là l’essentiel !), écoutez leurs réponses et, dans la mesure du possible, donnez-leur satisfaction.

Par exemple, si vos collaborateurs expriment le souhait d’une meilleure couverture sociale, explorez d’autres packages d’avantages et proposez-leur le meilleur que votre budget permet. S’ils réclament plus de flexibilité, faites ce qui est en votre pouvoir pour la leur offrir, qu’il s’agisse d’assouplir les horaires ou de passer à un mode de travail hybride qui leur permette de partager leur temps entre télétravail et présentiel.

À lire aussi : Travail hybride : bonnes pratiques RH et communication interne

Clarifiez les rôles et les décisions

Le bonheur au travail ne tient pas qu’aux avantages et à la reconnaissance. Il tient aussi à savoir qui décide quoi. Un collaborateur qui ignore le périmètre de son rôle, qui attend une validation sans savoir de qui elle dépend, ou qui refait un travail déjà mené ailleurs, dépense son énergie en frictions d’organisation plutôt qu’en travail utile.

Le signal se lit du côté des managers : Gallup relève que leur engagement est passé de 27 % à 22 % entre 2024 et 2025, la plus forte baisse d’une année sur l’autre mesurée sur cet indicateur. Ce n’est pas un problème de motivation individuelle, c’est un problème de structure.

Clarifier les rôles, les objectifs et les processus de décision retire une bonne part de cette charge. C’est aussi la meilleure parade au boreout, cet ennui au travail qui gagne les collaborateurs dont le poste a perdu sa raison d’être. À creuser : gouvernance et clarté des rôles.

Et si vos collaborateurs demandent des outils qui leur permettent de mieux travailler ? Offrez-leur ces outils, comme Talkspirit.

Talkspirit est un système d’exploitation organisationnel qui réunit trois briques : la structure (rôles, objectifs, réunions de gouvernance), la collaboration (projets, tâches, documents partagés) et la communication (tchat, fil d’actualités, portail d’accueil). Les collaborateurs y trouvent l’information sans avoir à la chercher, et savent à qui s’adresser pour faire avancer une décision.

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Auteure : Deanna deBara

FAQ

Oui, et l’ordre de grandeur est stable d’une étude à l’autre : environ 12 % de productivité en plus dans les expériences de l’Université de Warwick publiées en 2015, 13 % dans l’étude de l’Université d’Oxford annoncée en 2019 et parue dans Management Science en 2024.

Elle a suivi semaine après semaine les télévendeurs d’un grand opérateur télécom, en croisant leurs données de performance avec un relevé d’humeur. Les collaborateurs heureux passaient plus d’appels par heure et, surtout, en convertissaient une part plus élevée en ventes.

D’un lien de cause à effet, dans ces deux études précises. Warwick a modifié l’humeur de ses sujets en laboratoire avant de mesurer leur performance, et Oxford s’est appuyé sur la météo visible depuis les postes de travail, une variation d’humeur qui ne doit rien au collaborateur. La plupart des autres enquêtes n’établissent qu’une corrélation.

Il le réduit, et un turnover plus bas soutient la productivité de toute l’organisation. L’équipe RH passe moins de temps à recruter, et l’entreprise évite la perte de rythme liée à un recrutement externe : selon Deloitte (2018), il faut environ deux ans pour que ses évaluations de performance rejoignent celles d’un collaborateur promu en interne.

Parce que son absence fait partir. Selon O.C. Tanner, 79 % des personnes ayant quitté leur emploi citent le manque de reconnaissance parmi les raisons de leur départ.

Quatre leviers : reconnaître et valoriser les contributions de façon régulière, investir dans le bien-être physique et mental, demander aux collaborateurs ce dont ils ont besoin puis y donner suite, et clarifier les rôles, les objectifs et les processus de décision, là où se logent la plupart des frictions du quotidien.

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