Futur du travail

Les 10 tendances technologiques de 2026, selon Gartner

ARTICLE RÉDIGÉ PAR
Emmanuelle Abensur
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Gartner a publié le 20 octobre 2025 ses 10 tendances technologiques stratégiques pour 2026. Ce qu'il faut en retenir :

  • Sept des dix tendances portent sur l'intelligence artificielle : elle n'est plus une catégorie à part, elle traverse toute la liste.
  • Les systèmes multi-agents prennent la suite des agents isolés, et supposent des rôles et des règles de décision clairs avant toute automatisation.
  • L'informatique confidentielle et la provenance numérique répondent à la même question : que vaut une donnée dont on ne maîtrise ni le traitement ni l'origine.
  • La géopatriation, le transfert des données hors des clouds mondiaux, fait entrer la souveraineté dans les décisions d'architecture.
  • La cybersécurité préventive déplace la charge des équipes de sécurité, sans retirer au collaborateur son rôle de premier rempart.

La dernière étude de Gartner, publiée le 20 octobre 2025, identifie 10 tendances technologiques stratégiques qui devraient profondément transformer nos modes de travail en 2026. Sept d'entre elles portent directement sur l'intelligence artificielle : ce n'est plus une catégorie parmi d'autres, c'est le fil qui traverse toute la liste.

Anticiper ces tendances est essentiel pour tous les DSI qui cherchent à construire une stratégie informatique solide pour 2026. Alors, quels sont les investissements à prioriser cette année ? Quel impact peuvent-ils avoir sur votre organisation ? Et comment préparer vos équipes à de tels changements ?

Voici un résumé des 10 tendances technologiques à suivre en 2026 !

PS : si vous avez manqué les tendances technologiques de 2024, vous pouvez en prendre connaissance ici.

1. Les plateformes de développement natives de l'IA

Ces plateformes utilisent l'IA générative pour produire du logiciel plus vite, et par des profils qui ne sont pas des spécialistes du développement. Le point d'attention n'est pas la vitesse de production : c'est ce qui arrive ensuite. Qui valide, qui maintient, qui répond quand le code généré pose problème ? La réponse tient moins à l'outil qu'à la clarté des rôles et des responsabilités dans l'équipe qui l'utilise.

Concrètement, la question à trancher avant d'ouvrir ces outils au-delà de l'équipe technique est celle de la revue : un logiciel écrit vite mais relu par personne devient une dette que quelqu'un paiera plus tard. Les organisations qui s'en sortent le mieux posent d'abord le circuit de validation, puis élargissent l'accès.

2. Les supercalculateurs d'IA

Gartner désigne ici des systèmes qui combinent processeurs classiques, cartes graphiques et puces dédiées à l'IA, pour orchestrer des charges de travail complexes et entraîner des modèles de plus en plus lourds. C'est une tendance d'infrastructure, qui concerne d'abord les organisations entraînant leurs propres modèles. Pour les autres, elle se lit surtout comme un indicateur de coût : la puissance de calcul devient une ligne budgétaire à part entière.

Pour la plupart des organisations, la décision n'est pas d'acheter un supercalculateur mais de choisir entre entraîner et consommer. Louer de la puissance revient à accepter une dépendance et une facture variable ; internaliser suppose des compétences rares. Le sujet mérite d'être posé au comité de direction, pas seulement à la DSI.

3. L'informatique confidentielle

L'informatique confidentielle isole les traitements dans des environnements matériels de confiance, de sorte que les données restent protégées pendant leur utilisation, et pas seulement au repos ou en transit. C'est la brique qui manquait pour traiter des données sensibles dans un cloud partagé. Elle rejoint directement les questions que se posent les organisations européennes sur la souveraineté de leurs données.

Cette brique ouvre des usages qui étaient jusqu'ici bloqués : traiter des données de ressources humaines, des données de santé ou des documents contractuels sans les sortir d'un environnement contrôlé. Si des projets ont été mis de côté pour des raisons de confidentialité, c'est le moment de les ressortir et de vérifier si l'obstacle tient toujours.

4. Les systèmes multi-agents

Plusieurs agents d'IA spécialisés coopèrent pour atteindre un objectif commun et automatiser un processus de bout en bout. C'est la suite logique des agents isolés de 2025, et c'est aussi le point où la technologie rencontre l'organisation : un processus mal défini reste mal défini une fois confié à des agents, avec la vitesse en plus. Avant d'automatiser une chaîne de décisions, il faut savoir qui décide quoi, ce qui suppose des rôles explicites et des règles de décision écrites.

Avant de connecter des agents entre eux, il faut pouvoir répondre à trois questions : quelles étapes composent le processus, qui tranche à chaque étape, et que se passe-t-il quand deux agents arrivent à des conclusions opposées. Une organisation qui sait déjà répondre à ces questions pour ses équipes humaines a fait le plus gros du travail.

Illustration du fossé entre les agents d'IA et les entreprises

5. Les modèles de langage spécifiques à un domaine

Plutôt qu'un modèle généraliste, des modèles entraînés ou affinés sur les données d'un secteur, d'une fonction ou d'un processus précis. Ils répondent mieux sur leur terrain, dérivent moins, et se contentent souvent de ressources plus modestes. Leur qualité dépend entièrement de celle du corpus qu'on leur donne, ce qui remet la gestion des connaissances au centre du sujet.

Ces modèles rendent un service direct à ceux qui ont documenté leur métier, et rien du tout aux autres. Un corpus dispersé entre des messageries, des disques partagés et des têtes produit un modèle médiocre. La valeur se construit donc en amont, dans la façon dont l'information circule et se conserve.

6. Les plateformes de sécurité basées sur l'IA

Elles offrent un moyen unifié de sécuriser les applications d'IA, qu'elles soient développées en interne ou fournies par un tiers. La question qu'elles adressent est simple à formuler et difficile à traiter : que fait réellement l'IA que nous avons déployée, avec quelles données, et sous quel contrôle ? C'est le volet outillé de la gouvernance de l'IA, qui reste d'abord une affaire de décisions et de responsabilités.

Le préalable est un inventaire honnête : quelles IA sont réellement utilisées dans l'organisation, y compris celles que personne n'a validées. Beaucoup d'équipes découvrent à cette occasion des usages installés depuis des mois. Une politique d'usage claire vaut mieux qu'une interdiction que tout le monde contourne.

Éléments qui composent les plateformes de gouvernance de l'IA, l'une des tendances technologiques de 2025

7. La cybersécurité préventive

Une sécurité proactive, appuyée sur l'IA et l'apprentissage machine, qui cherche à anticiper et neutraliser les attaques avant qu'elles n'aboutissent, plutôt qu'à les constater. Le déplacement est réel, mais il ne remplace pas le maillon humain : la majorité des intrusions passe encore par un collaborateur. La sensibilisation des équipes reste donc le complément indispensable de l'outillage.

L'outillage préventif change la charge des équipes de sécurité, pas la nature du risque. Un message bien imité reste un message bien imité, et la vigilance des collaborateurs continue de faire la différence. Les deux se renforcent : moins d'alertes de fond à traiter, donc plus de temps pour ce qui demande un jugement humain.

8. La provenance numérique

C'est la capacité à vérifier l'origine, la propriété et l'intégrité d'un logiciel, d'une donnée, d'un média ou d'un processus. Dans un environnement où le contenu se génère en quelques secondes, savoir d'où vient un document devient une exigence de conformité autant qu'une question de confiance interne. Les organisations qui documentent déjà leurs sources et leurs validations partent avec une longueur d'avance.

Pour une organisation qui publie, communique ou contractualise, la provenance devient une pratique quotidienne : noter d'où vient un chiffre, qui a validé une version, quelle source a servi. Ce sont des réflexes éditoriaux avant d'être des outils, et ils se mettent en place sans attendre la technologie.

Schéma qui illustre en quoi consiste la sécurité de la désinformation

9. La géopatriation

Gartner désigne par ce terme le transfert des données et des applications hors des clouds publics mondiaux, vers des options locales. C'est la tendance la plus politique de la liste, et celle qui parle le plus directement aux organisations européennes : elle recoupe le débat sur la souveraineté numérique et sur les garanties attendues d'un hébergeur. Ce n'est plus une position de principe, c'est une décision d'architecture qui se planifie.

La question n'est pas idéologique, elle est calendaire : à quelle échéance faut-il pouvoir déplacer telle application, et à quel coût. Les organisations qui ont exigé la réversibilité dans leurs contrats découvrent que l'opération est possible. Les autres découvrent le prix de ne pas l'avoir fait.

Illustration qui montre comment créer une architecture informatique hybride simplifiée

10. L'IA physique

L'intelligence portée dans le monde réel, par des machines et des appareils qui perçoivent, décident et agissent. Robots, capteurs, équipements industriels : la frontière entre le logiciel et le terrain s'estompe. Pour les organisations dont les équipes travaillent hors bureau, c'est aussi une question de coordination, et elle rejoint la façon dont l'intelligence artificielle transforme les modes de travail.

Cette tendance concerne d'abord les organisations dont une partie des équipes ne travaille pas devant un écran. Quand des machines prennent des décisions sur le terrain, l'information doit circuler dans les deux sens, et vite. C'est un sujet d'organisation du travail autant que d'équipement.

Les tendances 2026 et ce qu'elles demandent, côté organisation
TendanceCe qu'elle exige de l'organisation
TendancePlateformes de développement natives de l'IACe qu'elle exige de l'organisationUn circuit de validation du code posé avant l'ouverture des outils
TendanceSystèmes multi-agentsCe qu'elle exige de l'organisationDes rôles et des règles de décision écrits avant toute automatisation
TendanceModèles spécifiques à un domaineCe qu'elle exige de l'organisationUn corpus interne documenté plutôt que dispersé
TendancePlateformes de sécurité de l'IACe qu'elle exige de l'organisationUn inventaire honnête des IA réellement utilisées
TendanceCybersécurité préventiveCe qu'elle exige de l'organisationUne sensibilisation maintenue, l'outillage ne remplaçant pas le collaborateur
TendanceGéopatriationCe qu'elle exige de l'organisationUne clause de réversibilité et une échéance chiffrée

Pour conclure

Et voilà : vous connaissez désormais les principales tendances technologiques qui vont disrupter votre organisation en 2026. Il ne vous reste plus qu'à identifier celles qui sont les plus pertinentes pour votre entreprise, et à les intégrer dans votre feuille de route informatique à court, moyen et long terme.

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Différence entre le robots et les humains illustrée de manière schématiqu

FAQ

Les plateformes de développement natives de l'IA, les supercalculateurs d'IA, l'informatique confidentielle, les systèmes multi-agents, les modèles de langage spécifiques à un domaine, les plateformes de sécurité basées sur l'IA, la cybersécurité préventive, la provenance numérique, la géopatriation et l'IA physique. Gartner a publié cette liste le 20 octobre 2025.

Plusieurs agents d'IA spécialisés qui coopèrent pour atteindre un objectif commun et automatiser un processus de bout en bout. C'est la suite des agents isolés apparus en 2025. Le préalable est organisationnel : il faut savoir quelles étapes composent le processus, qui tranche à chaque étape, et ce qui se passe quand deux agents arrivent à des conclusions opposées.

Gartner désigne par ce terme le transfert des données et des applications d'une entreprise hors des clouds publics mondiaux, vers des options locales. C'est la tendance la plus politique de la liste 2026, et celle qui rejoint le plus directement le débat européen sur la souveraineté numérique. La question qu'elle pose est calendaire : à quelle échéance faut-il pouvoir déplacer telle application, et à quel coût.

Elle isole les traitements dans des environnements matériels de confiance, de sorte que les données restent protégées pendant leur utilisation, et pas seulement au repos ou en transit. Elle ouvre des usages jusqu'ici bloqués : traiter des données de ressources humaines, de santé ou des documents contractuels sans les sortir d'un environnement contrôlé.

Elle s'appuie sur l'IA et l'apprentissage machine pour anticiper et neutraliser les attaques avant qu'elles n'aboutissent, plutôt que de les constater après coup. Elle change la charge des équipes de sécurité, pas la nature du risque : la majorité des intrusions passe encore par un collaborateur, et la sensibilisation reste le complément indispensable de l'outillage.

Plusieurs tendances ont mûri plutôt que disparu. Les agents IA de 2025 sont devenus des systèmes multi-agents, et les plateformes de gouvernance de l'IA se sont déplacées vers la sécurité des applications d'IA. Les sujets plus lointains de 2025, comme l'informatique spatiale ou l'amélioration des fonctions neurologiques, sortent de la liste au profit de tendances plus immédiatement opérationnelles.

Tendances & études
Nouvelles technologies
Direction des systèmes d'information
ARTICLE RÉDIGÉ PAR
Emmanuelle Abensur
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