Pourquoi et comment mettre en place une démarche RSE au sein de votre organisation ?

- Une démarche RSE se lit sur trois piliers : environnemental, social et économique. Les travailler séparément produit une stratégie déséquilibrée.
- Deux cadres cohabitent en Europe : ISO 26000, ligne directrice volontaire ouverte à toutes les tailles d’organisation, et la directive CSRD, obligation de reporting que le paquet Omnibus I recentre sur les entreprises de plus de 1 000 salariés.
- Six étapes structurent la mise en place : encadrer la démarche, faire un audit, établir un plan d’action, communiquer, former les équipes, mesurer l’impact.
- Si 70 % des entreprises françaises veulent devenir responsables, seules 30 % ont réellement mis en place une démarche RSE, et une sur trois n’a pas de budget dédié (baromètre RSE 2021).
- La formation reste le maillon faible : 70 % des collaborateurs connaissent la notion de RSE, mais 29 % seulement savent précisément de quoi il s’agit (baromètre Cegos 2021).
- 73 % des entreprises peinaient à mesurer l’impact de leurs actions en 2021 : choisir ses indicateurs dès le plan d’action évite ce point de blocage.
Face à la crise climatique, la RSE (responsabilité sociétale des entreprises) prend aujourd’hui de plus en plus d’importance dans les organisations. Son objectif ? Mettre en place des initiatives durables ayant un impact positif sur l’environnement, la société et/ou l’économie. Des enjeux qui touchent autant les grands groupes que les PME et ETI.
Malgré l’importance croissante de ces sujets, une entreprise sur trois ne dispose pas encore de budget dédié à la RSE¹. Souvent par manque de ressources, mais aussi par manque de sensibilisation. Pour vous aider à mettre en place votre démarche RSE, nous avons donc rassemblé dans cet article :
- les arguments clés pour convaincre votre équipe et/ou votre direction de s’intéresser à ce sujet,
- les étapes à suivre pour élaborer une stratégie efficace et impliquer l’ensemble des collaborateurs dans la démarche.
Pourquoi s’intéresser à la responsabilité sociétale des entreprises ?
Si 70 % des entreprises françaises veulent devenir responsables, elles ne sont en réalité que 30 % à avoir réellement mis en place une démarche RSE².
Pourtant, s’engager dans une telle démarche peut avoir de nombreux effets bénéfiques pour votre organisation, car cela peut contribuer à :
- développer votre marque employeur, et attirer et fidéliser davantage de talents (notamment les jeunes générations, qui accordent plus d’importance aux sujets RSE),
- fédérer les équipes autour de valeurs et d’initiatives communes,
- renforcer le sentiment d’appartenance à l’entreprise,
- donner du sens au travail de chacun,
- augmenter l’engagement de vos collaborateurs,
- améliorer vos pratiques internes (liées par exemple à vos modes de travail ou à vos processus de gouvernance),
- gagner en performance (les entreprises qui mettent en place des pratiques RSE seraient 13 % plus performantes que celles qui ne le font pas³),
- réduire votre empreinte carbone,
- donner plus de légitimité à vos projets sociaux, environnementaux et économiques,
- vous démarquer de vos concurrents.
Les trois piliers d’une démarche RSE
Avant de dérouler les étapes, une mise au point s’impose sur ce que la RSE recouvre vraiment. Une démarche RSE se lit sur trois piliers hérités du développement durable : l’environnemental, le social et l’économique. Une stratégie qui n’en travaille qu’un seul, le bilan carbone par exemple, laisse deux tiers du sujet de côté, et cela se voit de l’extérieur.
| Pilier | Ce qu'il recouvre | Exemples d'actions | Indicateurs de suivi |
|---|---|---|---|
| PilierEnvironnemental | Ce qu'il recouvreL'empreinte de votre activité sur le climat et les ressources | Exemples d'actionsBilan carbone, réduction et tri des déchets, sobriété numérique, achats responsables | Indicateurs de suiviÉmissions de gaz à effet de serre, consommation énergétique, part de déchets recyclés |
| PilierSocial | Ce qu'il recouvreLes conditions de travail et la place de chacun dans l'organisation | Exemples d'actionsÉgalité professionnelle, formation, qualité de vie au travail, mécénat de compétences | Indicateurs de suiviIndex d'égalité professionnelle, taux de salariés formés, ancienneté, satisfaction au travail |
| PilierÉconomique | Ce qu'il recouvreLa façon dont la valeur est créée, partagée et réinvestie | Exemples d'actionsAchats locaux, relations fournisseurs équilibrées, gouvernance transparente, investissements responsables | Indicateurs de suiviPart d'achats responsables, chiffre d'affaires, SROI (retour social sur investissement) |
Ces trois piliers recoupent les critères ESG, la grille que les investisseurs et les donneurs d’ordre utilisent pour évaluer la performance extra-financière d’une entreprise. Si la notion elle-même reste floue dans vos équipes, commencez par cet article : qu’est-ce que la RSE et quels sont ses avantages ?
Sur quel cadre de référence s’appuyer ?
Deux repères structurent les démarches RSE en Europe, et ils ne jouent pas du tout le même rôle.
- La norme ISO 26000 est une ligne directrice volontaire, non certifiable, ouverte à toutes les organisations quelle que soit leur taille. Elle décrit sept questions centrales : la gouvernance de l’organisation, les droits de l’Homme, les relations et conditions de travail, l’environnement, la loyauté des pratiques, les questions relatives aux consommateurs, et les communautés et le développement local. C’est une grille de lecture commode pour cadrer l’audit de l’étape 2.
- La directive européenne CSRD est, elle, une obligation de reporting. Les premières entreprises concernées ont appliqué les règles sur l’exercice 2024, pour des rapports publiés en 2025, et le paquet de simplification Omnibus I, sur lequel le Parlement européen et le Conseil se sont accordés en décembre 2025, recentre le dispositif sur les plus grandes entreprises, celles de plus de 1 000 salariés (Commission européenne).
Concrètement, une PME ou une ETI de moins de 1 000 salariés n’est pas soumise au reporting CSRD, mais elle a tout intérêt à structurer sa démarche sur ISO 26000 et à suivre les indicateurs présentés à l’étape 6 : ses clients grands comptes, eux, ont des comptes à rendre et posent les questions. La Commission a d’ailleurs recommandé en juillet 2025 une norme de reporting volontaire taillée pour les PME, la VSME, précisément pour répondre à ces demandes sans le poids de la CSRD.
Lire aussi : Les 3 tendances clés du développement durable à suivre
Comment mettre en place une démarche RSE ?
Maintenant que vous savez pourquoi mettre en place une démarche de responsabilité sociétale des entreprises, penchons-nous désormais sur le comment. Que vous soyez au début de votre réflexion ou que vous ayez déjà mis en place des actions concrètes, ces 6 étapes devraient vous aider à y voir plus clair.
1. Encadrer la démarche
Avant toute chose, commencez par désigner un(e) chef de projet et/ou une équipe (ou un comité) qui sera leader sur les sujets RSE. La taille de cette équipe dépendra bien sûr de la taille de votre entreprise, mais aussi de l’importance que vous souhaitez accorder à votre démarche durable.
Une fois l’équipe RSE identifiée, il vous faudra également réfléchir à quel département vous souhaitez rattacher à cette équipe (par exemple, la Direction, les RH, la Communication interne, etc.). Dans un tiers des entreprises, celle-ci est intégrée à la Direction Générale, tandis que dans un quart des entreprises, il s’agit d’un département autonome¹.
Cette organisation va avoir un impact direct sur le temps, le budget et la légitimité de votre démarche RSE. N’hésitez donc pas à sonder votre équipe RSE ainsi que des collaborateurs intéressés par le sujet pour vous aider à encadrer la démarche.
2. Faire un audit
Prochaine étape : l’audit RSE. Ce dernier va vous permettre de faire un état des lieux de la performance de votre entreprise en termes de RSE, et notamment d’identifier les bonnes et mauvaises pratiques en place dans votre entreprise. C’est donc un passage indispensable pour identifier vos forces et vos faiblesses, ainsi que vos principaux axes d’amélioration.
Souvent réalisé par un cabinet de conseil, cet audit de responsabilité sociétale va servir de base pour votre stratégie RSE. Une fois vos premières initiatives RSE lancées, il vous permettra également de mesurer vos résultats et de vérifier si les initiatives répondent bien aux attentes des collaborateurs.
Il s’agit donc d’un audit à réaliser de manière régulière, tout au long de la mise en place de votre démarche RSE.
3. Établir un plan d’action
Il est désormais temps d’élaborer votre stratégie RSE. Ce plan d’action vous permettra notamment de définir :
- les objectifs que vous souhaitez atteindre (pensez objectifs SMART, c’est-à-dire spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporels)
- les parties prenantes internes (salariés, syndicats, managers, etc.) et externes (clients, actionnaires, partenaires, etc.) à impliquer dans votre démarche RSE,
- les actions que vous souhaitez prioriser sur chaque axe (environnemental, social et économique),
- le budget que vous souhaitez allouer à la mise en place de ces actions,
- les outils à déployer pour accompagner la mise en place de votre démarche RSE (par exemple, une plateforme pour mesurer votre bilan carbone, un intranet pour communiquer sur vos initiatives, etc.)
Pour prioriser vos actions RSE, vous pouvez notamment utiliser une matrice de matérialité, qui va permettre de hiérarchiser vos différents enjeux en fonction de vos objectifs et des attentes de vos différentes parties prenantes. Pour cela, il vous faudra :
- définir vos enjeux RSE,
- sonder vos parties prenantes sur l’importance de ces enjeux,
- puis construire votre matrice sur une feuille de calcul ou via un outil dédié.

4. Communiquer
Pour réussir la mise en place de votre démarche RSE, il n’y a pas de secret : il faut communiquer ! Et ce, aussi bien auprès de vos parties prenantes internes qu’externes.
Pour votre communication interne, nous vous conseillons de vous appuyer sur un outil dédié, par exemple un intranet ou un réseau social d’entreprise. Vous pourrez notamment l’utiliser pour :
- planifier des réunions d’information (physiques, hybrides, ou en ligne) sur votre démarche RSE,
- faire des publications dédiées pour présenter vos initiatives RSE plus en détail, et encourager les collaborateurs à donner leur avis,
- sonder les collaborateurs sur les actions mises en place via des sondages,
- rassembler et organiser l’ensemble des informations relatives à vos projets RSE dans une base de connaissances accessible à tous.
end HubSpot Call-to-Action Code Certains réseaux sociaux d’entreprise , comme Talkspirit , vous permettent également d’inviter des personnes externes à votre organisation sur votre plateforme. C’est donc une bonne solution à envisager si vous souhaitez centraliser toutes vos communications au même endroit.

Demander une démo de Talkspirit
En externe, vous pouvez également mettre en avant vos engagements RSE sur les réseaux sociaux de votre entreprise et de vos collaborateurs, et dans les médias (via des campagnes de relations presse). Attention cependant à ne pas faire de greenwashing et à communiquer de manière authentique pour que votre démarche soit perçue comme légitime.
5. Former et mobiliser les équipes
Si 70 % des collaborateurs connaissent la notion de RSE, seuls 29 % savent “précisément de quoi il s’agit”⁴. Ce qui montre bien que la formation ne doit pas être négligée !
Selon une étude de Cegos, près de trois quarts des salariés français estiment que leur organisation devrait mettre en place des formations RSE pour tous les acteurs impliqués dans la démarche. Des formations qui vont notamment permettre de :
- clarifier ce qu’est la RSE, et sensibiliser les collaborateurs à ses enjeux,
- donner du sens à la démarche RSE, en expliquant pourquoi et comment elle va être mise en place, et quel impact elle va avoir sur les métiers et l’organisation au global,
- et partager des bonnes pratiques à adopter au quotidien, aussi bien côté salarié que côté manager.
Si ces formations ne sont pas obligatoires, pensez bien à communiquer suffisamment dessus, pour faire savoir à vos collaborateurs qu’elles existent. N’hésitez pas également à faire des formations dédiées pour les managers, afin que ces derniers se montrent exemplaires, et aident les équipes à adopter des pratiques responsables.
86 % des collaborateurs se disent actuellement prêts à s’impliquer dans la politique RSE de leur entreprise⁴. Pensez donc bien à les associer à vos réflexions sur la RSE en faisant des sondages réguliers, et en intégrant leurs suggestions dans votre stratégie.
6. Mesurer l’impact de ses actions
Mettre en place des actions RSE c’est bien, mais mesurer leur efficacité, c’est mieux ! Ce qui, en pratique, est loin d’être évident… D’après ce baromètre RSE de 2021, 73 % des entreprises ont des difficultés à objectiver et mesurer l’impact de leurs actions.
Pour faciliter votre démarche, nous vous recommandons donc de suivre des indicateurs RSE précis, par exemple :
- sur le volet environnemental : vos émissions de gaz à effet de serre, votre empreinte carbone, votre consommation énergétique, votre pourcentage de déchets recyclés, etc.
- sur le volet social : l’index d’égalité professionnelle (pour mesurer les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes), le taux de salariés ayant bénéficié d’une formation, le niveau d’ancienneté des collaborateurs, leur taux de satisfaction au travail, etc.
- et sur le volet économique : le taux d’investissements dédiés à des produits et services made in France et/ou responsables, le chiffre d’affaires, le SROI (retour social sur investissement), etc.
Lire aussi : Travail hybride : LA solution écolo pour diminuer sa consommation d’énergie en entreprise ?
Plusieurs outils peuvent vous aider à réaliser ce reporting RSE. C’est notamment le cas de plateformes comme Zei, Vendredi, Clarity, Tennaxia, ou Greenly (pour la partie environnementale).

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En bref, mettre en place une démarche durable suppose de vous entourer des bonnes personnes, de co-construire avec elles une stratégie RSE, de mettre en place des actions dédiées, et de communiquer dessus auprès de vos parties prenantes internes et externes.
Ces initiatives permettront à la fois d’améliorer votre impact environnemental, social et économique, à travers par exemple la mise en place d’actions bénévoles, d’investissements dans l’économie locale, ou encore de pratiques numériques responsables. Ce dernier point vous intéresse ? Voyez aussi comment promouvoir une IA durable en entreprise, puis téléchargez notre check-list de bonnes pratiques pour atteindre la sobriété numérique 👇
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Dans notre check-list “10 bonnes pratiques pour atteindre la sobriété numérique”, vous découvrirez : des exemples d’initiatives et d’outils à mettre en place pour réduire votre empreinte carbone numérique, ainsi que des conseils pour faire évoluer vos usages et impliquer vos collaborateurs dans la démarche.
FAQ
L’environnemental (empreinte carbone, consommation énergétique, déchets), le social (égalité professionnelle, formation, qualité de vie au travail) et l’économique (achats responsables, gouvernance, investissements). Une démarche RSE crédible avance sur les trois à la fois, avec des indicateurs propres à chacun.
Parce qu’elle développe la marque employeur et aide à attirer et fidéliser les talents, fédère les équipes autour de valeurs communes, renforce le sentiment d’appartenance, améliore les pratiques internes, réduit l’empreinte carbone et permet de se démarquer de ses concurrents. Selon une étude de France Stratégie, les entreprises qui mettent en place des pratiques RSE seraient 13 % plus performantes que celles qui ne le font pas.
Un chef de projet et/ou une équipe (ou un comité) désignés dès le départ, dimensionnés selon la taille de l’entreprise et l’importance accordée au sujet. Reste à choisir le rattachement : dans un tiers des entreprises, cette équipe est intégrée à la Direction Générale, dans un quart il s’agit d’un département autonome (baromètre RSE 2021). Ce choix pèse directement sur le temps, le budget et la légitimité de la démarche.
Les objectifs SMART visés, les parties prenantes internes et externes à impliquer, les actions à prioriser sur chaque axe (environnemental, social, économique), le budget alloué et les outils à déployer. Pour hiérarchiser les enjeux, une matrice de matérialité croise vos objectifs et les attentes de vos parties prenantes.
La démarche elle-même ne l’est pas, et la norme ISO 26000 reste une ligne directrice volontaire et non certifiable. Le reporting extra-financier, lui, est obligatoire pour les entreprises visées par la directive européenne CSRD, dont le paquet de simplification Omnibus I recentre le périmètre sur celles de plus de 1 000 salariés. Les autres restent libres de leur méthode, mais leurs clients grands comptes leur demandent souvent des données.
En suivant des indicateurs environnementaux (émissions de gaz à effet de serre, empreinte carbone, consommation énergétique, pourcentage de déchets recyclés), sociaux (index d’égalité professionnelle, taux de salariés formés, ancienneté, satisfaction au travail) et économiques (investissements responsables, chiffre d’affaires, retour social sur investissement). Des plateformes comme Zei, Vendredi, Clarity, Tennaxia ou Greenly aident à ce reporting : 73 % des entreprises déclaraient en 2021 avoir des difficultés à objectiver l’impact de leurs actions.



